Les fiancés levèrent leur regard vers le moine qui lentement se redressait, rabattait son capuchon sur ses épaules et se tournait vers eux...

L'angoisse de cet instant fut inexprimable.

Alice vit Panigarola. Ses lèvres devinrent blanches. Un tremblement convulsif la saisit. Ses yeux rivés à ceux du moine exprimèrent une surhumaine horreur.

Dans cette inappréciable seconde, elle comprit l'affreux guet-apens.

Son regard de folie se détacha du moine, se posa sur Catherine avec une telle intensité d'épouvante que la reine recula d'un pas, puis sur son fiancé, et, cette fois, avec une si profonde pitié que Marillac chancela, puis, enfin, à nouveau sur le moine.

Marillac sentait ses pensées se disloquer avec le fracas d'un monument qui tombe.

Rien au monde ne pouvait lui faire savoir... mais il devinait, il voyait avec une aveuglante clarté que ce devait être quelque chose de monstrueux, d'impossible et pourtant de certain, quelque chose d'énorme et de fabuleusement hideux...

Le moine ne voyait qu'Alice... Alice seule!

Cela ne dura pas en tout deux secondes...

Mais ces deux secondes furent dans l'âme de Panigarola une éternité de désespoir. Il y avait dans l'attitude d'Alice un tel amour, si grand, si vrai, si pur, que, dans l'ombre, elle en paraissait illuminée...