Et, dans la même seconde, des mains furieuses s'abattirent sur elle, la déchirèrent, lacérèrent sa robe... Sanglante, hagarde, presque nue, Alice s'attachait désespérément au corps et haletait:

—Laissez-le! grâce pour lui!... Tuez-moi seule!

Un hurlement énorme emplit ses oreilles.

—A mort! à mort les deux traîtres! à mort la Béarnaise!

De nouveaux coups de poignard atteignirent le cadavre.

A travers les larmes de sang qui inondaient son visage, Alice aperçut alors, dans une suprême vision, la reine qui, debout, appuyée à l'autel, son poignard levé au ciel, son pied posé sur la poitrine de Marillac, hideuse et flamboyante, rugissait:

—Ainsi périssent les ennemis de la reine et de Dieu!

—Grâce pour lui! cria frénétiquement Alice.

—Mes filles! mes filles! tonna Catherine, jurez de frapper ainsi les ennemis de Dieu et de la reine! Dieu le veut!

Alice, au paroxysme de l'horreur, parvint à soulever la tête livide de son amant comme pour le montrer à Catherine. D'une main elle s'accrocha violemment à la robe de la reine.