«Voici l'épousée que m'a dit la reine... L'épousée est dans la voiture... mais pourquoi habillée en moine?...»

Il était, à ce moment, deux heures du matin.

Par moments, la rafale arrêtait l'attelage, les chevaux, la tête dans le vent, les jambes arquées dans une résistance.

Le postillon, terrifié maintenant plus encore par ce gentilhomme silencieux qui avait une allure de spectre que par la bataille qui hurlait dans les airs, s'abritait derrière la voiture, s'accrochait aux rayons des roues.

Panigarola demeurait immobile, sa face livide levée vers le ciel en feu.

Et, lorsque la rafale était passée, il reprenait sa marche, dans le bruit de la ferraille de la voiture funéraire, dans le tumulte et les clameurs des éléments déchaînés.

«Ou va-t-il? Où va-t-il? murmurait le postillon éperdu Pour un voyage de noces... c'est drôle... j'ai peur!»

Panigarola s'arrêta tout à coup, et, l'homme, ayant regarde autour de lui, se signa rapidement et bégaya:

«Le cimetière des Saints-Innocents!...»

Panigarola, sans plus faire attention à cet homme que s'il n'eut pas été là, monta dans la voiture; l'instant d'après, il en redescendait, tenant dans ses bras le cadavre d'Alice.