—Il s'agit donc..., interrogea le vieillard craintif.
—De creuser une fosse, oui! dit Panigarola d'une voix qui glaça le fossoyeur.
Le fossoyeur trembla. Ses cheveux se mouillèrent d'une sueur froide. Cette voix, qu'il entendait, ne lui parvenait pas comme une voix humaine. Elle paraissait monter du fond d'une tombe.
Vacillant, il saisit une pioche et une pelle.
Sur un signe du funèbre visiteur, il ouvrit une porte et pénétra dans le cimetière.
Panigarola avait soulevé dans ses bras le cadavre d'Alice et l'étreignait en marchant, d'une étreinte dont aucune parole ne pourrait rendre l'infinie douceur.
Il l'étreignait comme l'amant le plus passionné peut serrer dans ses bras la vierge qui lui avoue son amour.
Il l'étreignait comme une mère douloureuse peut étreindre le cadavre de l'enfant bien-aimé qu'elle essaie de faire revivre.
Le fossoyeur s'était arrêté.
Le vieillard commença à creuser, avec une hâte maladroite.