—J'entends, dit le vieillard en claquant des dents

—Tu recouvriras la fosse sans y regarder... Il y aura deux cadavres, le mien et le sien... tu recouvriras tout. Prends ceci.

Il tendit au fossoyeur une bourse pleine d'or, une fortune. Le vieillard s'en saisit. Dès lors, il se rassura quelque peu.

—C'est pour que je ne dise rien? demanda-t-il avec un sourire où luttaient l'avarice et l'effroi.

Panigarola secoua la tête.

—C'est donc pour me payer ma besogne?

—Si tu disais un mot de ce que tu fais cette nuit tu serais pendu. Quant à ta besogne, je n'ai pas à la payer puisque tu es le fossoyeur...

—Alors, pourquoi cet or?

—Ecoute... Demain, dans huit jours, dans un mois je ne sais pas quand, un enfant viendra... un petit garçon, cheveux noirs, yeux noirs, figure triste, pâle et chétive... six ans à le voir... Cet enfant, tu le prendras par la main, tu le conduiras sur cette fosse, et lui diras: «Si c'est la tombe de ta mère que tu cherches, «mon enfant, la voici.» Le feras-tu?

—C'est facile.