—Maintenant, tu peux allumer ton flambeau.

L'astrologue obéit. Et il apparut alors livide, quoique sa main n'eût pas un tremblement et que son regard fût calme. Catherine, l'ayant considéré attentivement, eut un haussement d'épaules et dit:

—Tu as pensé que j'allais le tuer?

—Oui, dit l'astrologue avec une effrayante netteté.

—Ne t'ai-je pas dit que je ne voulais pas sa mort? Qu'il peut m'être utile? Tu vois que je ne songe pas à le frapper, puisqu'il vit encore après ce que nous venons d'entendre... As-tu entendu, toi? Il sait que je suis sa mère!

L'astrologue garda le silence.

—Jusqu'ici, j'ai voulu douter! Maintenant, c'est fini. Lui-même a parlé. Il sait, René!...

Pour tout autre que Ruggieri, ces paroles de Catherine n'eussent porté l'accent d'aucune émotion. Mais l'astrologue la connaissait. Et la voix de sa terrible amante lui apparut si formidable qu'il tint les yeux baissés, n'osant regarder celle qui, en apparence, lui parlait si paisiblement.

Sombre, la bouche contractée, les yeux fixés dans la nuit vers le point où le comte avait disparu, la reine reprit:

—Tu vois donc que tu peux te rassurer, mon bon René; ton affection paternelle ne sera soumise à aucune épreuve.