Il est vrai qu'il avait quelque temps cru sa mère; il avait admis que l'amiral conspirait contre lui. Mais les preuves de l'innocence du vieux chef s'étaient accumulées si nombreuses, si évidentes dans son esprit, qu'il avait dû se rendre à cette évidence.

—Vous m'aviez dit, continua-t-il, que j'aurais les preuves de la trahison de Coligny et des huguenots. Où sont-elles, ces preuves?

—Vous voulez des preuves? Vous en aurez!

—Et quand cela?

—Demain matin: pas plus tard. Écoutez. Je suis parvenue à faire saisir deux aventuriers qui ont surpris bien des secrets et qui en savent long à la fois sur Guise, sur Montmorency et sur Coligny. L'un d'eux est ce jeune homme, le chevalier de Pardaillan, qui vint au Louvre en compagnie du maréchal, et qui eut une si étrange attitude. L'autre est son père. Je tiens ces deux hommes. Demain matin, ils vont être interrogés au Temple, où ils sont prisonniers. Je vous apporterai le procès-verbal de l'interrogatoire et vous verrez que Coligny n'est venu à Paris que pour vous frapper!

La reine parlait avec une telle force de conviction que Charles, déjà terrorisé, se sentit cette fois convaincu.

Toutefois, il ne voulut pas avoir l'air de céder et dit avec une fermeté apparente:

—C'est bien, madame, demain, je veux lire moi-même l'interrogatoire de ces Pardaillan.

—Ce n'est pas tout, mon fils! reprit Catherine avec plus d'énergie encore. Je vous ai dit que Tavannes se trouve dans mon oratoire, et vous m'avez dit, vous, que vous vous défiez du maréchal... Eh bien, moi aussi, je m'en défie! Seulement, je ne me contente pas de supposer, moi. Je vais droit au but et je cherche à savoir la vérité: je la sais!

—Il y a donc une vérité sur Tavannes!