Le manuscrit était tout entier de la main du roi. Il portait ce titre: La Chasse royale[1]. Le roi le feuilleta machinalement de ses mains qu'agitaient des tremblements et arriva jusqu'aux dernières lignes, jusqu'à la dernière phrase. Elle commençait par ces mots:

«Lorsque l'animal est hallali...»

Note 1:[ (retour) ] Revu et corrigé par Villeroi, ce livre a été imprimé en 1625.

«Hallali! gronda le roi. Oh! l'infernal et sinistre hallali qui se prépare!...»

Il rejeta furieusement le manuscrit au fond du petit meuble. Un gémissement se fit entendre.

«Qui est là?» hurla Charles en se retournant, livide.

C'était Nysus, l'un de ses deux chiens, qui sollicitait une caresse. Ils étaient là, tous les deux, le museau pointu en l'air, le regardant et l'interrogeant.

«Ah! fit Charles avec un soupir, c'est vous?... Que voulez-vous?... Êtes-vous chiens de chasse?... Est-ce la curée que vous réclamez?... Arrière! Arrière! C'est trop de sang!...»

Les deux lévriers, effarés, se reculèrent en jetant une plainte.

Charles vacilla sur ses jambes, ses mains s'étendirent pour chercher un appui, il tomba. Ses ongles s'incrustèrent sur le tapis; ses yeux se convulsèrent jusqu'à paraître entièrement blancs; sa bouche écuma...