A six heures du soir, il poussa un long soupir, pareil à un rugissement, et s'évanouit de nouveau en prononçant un nom:

«Pardaillan!...»

Voilà donc ce que Ruggieri avait trouvé! Le nom de l'homme dont le sang était nécessaire à la réincarnation de son fils!...

Et, cet homme, c'était le chevalier de Pardaillan!

C'est sur le chevalier de Pardaillan qu'il allait tenter la hideuse, l'effroyable expérience!...

Comment le sinistre astrologue avait-il pu arriver à cette conclusion?

Il est probable que, dans son aberration, dans l'état de délire à froid où il vivait depuis l'assassinat de l'infortuné Marillac, il est probable que, dans le détraquement filial de cette cervelle qui avait reçu tant de secousses, il est probable, disons-nous, que la figure de Pardaillan se présenta d'elle-même à lui.

Ruggieri, lorsqu'il avait été trouver le chevalier à l'auberge de la Devinière pour lui faire les propositions au nom de la reine, avait rencontré dans l'escalier, et sans doute reconnu du premier coup son fils Déodat.

Plus tard, il avait établi l'horoscope du chevalier.

Mais, de cette rencontre de son fils en allant voir Pardaillan, était née dans ce cerveau, sans cesse préoccupé de conjonctions, la certitude que le comte de Marillac et le chevalier de Pardaillan étaient unis par d'invisibles liens et que leurs destinées faisaient corps.