Charles avait jeté son arquebuse. Il se pencha à la fenêtre et regarda avidement. L'affreuse chasse à l'homme, sur les berges de la Seine, se poursuivait comme sur tous les points de Paris.
Des hommes, des enfants passaient en bondissant comme des cerfs. Un coup d'arquebuse abattait tantôt l'un, tantôt l'autre. Il y en avait qui tombaient à genoux, les mains levées vers les bourreaux. Mais des prêtres, arrivaient au pas de course et hurlaient:
«Tuez! Tuez!...»
On tuait.
«Tuez! murmurait Charles. Il faut tuer! Pourquoi tuer? Ah! oui!... Guise... la messe...»
Et le mot effroyable bourdonnait plus fort dans sa tête.
«Tuez! Tuez!... Il faut tuer!... Du sang! Du sang!...»
Il était ivre. Il était soûl. Il tremblait. Sa tête se balançait de droite et de gauche, lentement. Il riait. Il sentait ses nerfs se tordre sous l'effort du rire. Il avait un visage épouvantable. La folie montait à la fureur.
Et, tout à coup, secouant frénétiquement l'appui de la fenêtre, il eut un long hurlement de loup au fond des bois. Et la parole affreuse, en cris rauques, en râles brefs, fit explosion sur ses lèvres exsangues:
«Tuez! Tuez! Tuez!...»