Et, dans l'insaisissable seconde de silence et de stupéfaction qui suivit ce cri, Pardaillan marcha au duc, l'atteignit et sa voix continua à cravacher;

—Ton père s'appelait le Balafré. Toi, tu t'appelleras le Souffleté!...

Sa main se leva, s'abattit toute grande sur la face de Guise, le soufflet retentit dans le silence comme un coup de tonnerre. Guise chancela et roula à trois pas dans les bras de ses soudards...

Quels hurlements firent alors explosion! Des centaines de poignards, des centaines d'épées se levèrent, se choquèrent, des centaines de voix heurtèrent dans le tumulte leurs cris de mort.

Pardaillan s'était mis en garde, résolu à mourir.

Mais il n'eut pas le temps de porter le premier coup, les bras levés n'eurent pas le temps de s'abattre sur lui... Le chevalier, à l'instant précis où retentissait le soufflet, se sentit saisi par une force d'ouragan, enlevé, porté, poussé vers un trou noir qui béait, il entra dans du noir, il entendit un choc violent et sonore.

Ce trou, c'était une porte ouverte.

Cette force qui avait saisi le chevalier, comme la rafale peut saisir une feuille, c'était le vieux routier qui empoignait son fils et l'emportait.

Ce choc sonore, c'était une porte que le vieux lion venait de pousser du pied, à l'instant où des centaines de furieux, se gênant d'ailleurs et se bousculant l'un l'autre, allaient les happer tous les deux!...

Des coups énormes ébranlèrent cette porte.