—Partez, Huguette, partez, maître Landry!... Et, si cette vipère s'avise de siffler, je la pourfends sur l'heure!..

Dorât s'effondra.

Quelques instants plus tard, la horde des loups pénétrait par la porte de l'allée défoncée, et, ne trouvant plus personne, mettait l'auberge à sac et à feu...

XLI

VISIONS TRAGIQUES

Les Pardaillan, ayant suivi le chemin que leur avait indiqué Huguette, se retrouvèrent dans une ruelle déserte, et, s'élançant au pas de course, atteignirent la rue Montmartre par la ruelle Saint-Sauveur. Mais c'est en vain qu'ils eussent essayé de prendre pied dans cette rue. Il y avait là un prodigieux encombrement de peuple qui roulait vers la Seine ses flots vertigineux, parmi les lourdes volutes de fumée, parmi les hurlements de mort, dans le tumulte inlassable des cloches et des arquebusades...

Dans ce remous, les Pardaillan furent saisis, entraînés où?... Ils ne savaient pas! Ils avaient la tête perdue d'angoisse. Des nausées violentes soulevaient leurs coeurs...

Et, comme ils s'étonnaient vaguement que les carnassiers d'alentour ne se jetassent pas sur eux, soudain ils virent que chacun d'eux avait un brassard blanc au bras droit...

C'était Huguette qui, d'une main rapide et légère sans qu'ils s'en aperçussent, les avait marqués du talisman de protection.

Le chevalier dégrafa le brassard d'un geste de colère; il n'était pas huguenot. Était-il catholique? En réalité il ignorait l'une et l'autre religion. Il voulut jeter le brassard; le vieux Pardaillan le saisit au vol, et le mit dans sa poche en disant: