Alors, le vieux longea, la muraille et vint surplomber la rue...
—Rangez vos crânes! vociféra-t-il.
On vit le titan soulever dans ses bras un moellon qu'il lança à toute volée.
—Place, monsieur! dit le chevalier.
Et, à son tour, il s'avança, tandis que le vieux se couchait sur la crête pour le laisser passer.
Le moellon du chevalier traça sa courbe dans l'espace, tomba, rebondit parmi les hurlements d'épouvanté.
Pendant trois minutes, l'effrayante manoeuvre se poursuivit; à coups de moellons, les deux titans déblayaient la rue comme ils avaient déblayé la cour; la muraille baissait; ils descendaient à mesure d'un cran; et, finalement, les arquebuses se turent!... Dans la rue, il n'y avait plus personne! Damville, livide, saisit sa tête à deux mains et, tandis que, là-haut, retentissait le rire des titans, ceux qui environnaient le maréchal virent qu'il pleurait à chaudes larmes, de rage, de honte et de fureur!...
La muraille avait baissé de sept ou huit rangées de moellons...
Les deux titans, voyant la rue libre et l'hôtel entièrement dégagé, dirent ensemble: «Partons!»
Ils sautèrent sur le toit de la loge du suisse; du toit, ils sautèrent dans la cour; là, ils se regardèrent un instant et ne se reconnurent pas, tant leurs faces noires et sanglantes flamboyaient d'audace et d'orgueil!...