Loïse devint très pâle. Ses yeux se remplirent de larmes.
—Mon époux... soyez le bienvenu dans la maison de mes pères... ta maison, ô mon époux!...»
Le chevalier chancela, s'abattit sur ses genoux, son front s'inclina sur les deux mains de Loïse et il se prit à pleurer...
—Pardieu! s'écria le vieux routier. Je te disais bien qu'elle ne pouvait être qu'à toi! Tu l'as conquise le fer à la main!
Mais Loïse secoua la tête, et elle murmura:
—Non, non... je l'aimais avant!... Là-bas... la petite fenêtre du grenier... c'est là qu'il m'a conquise...
Comme les paroles sont lentes! Et que valent les descriptions en de tels moments!... Dans l'intense émotion qui les faisait palpiter, cette scène n'avait duré que quelques secondes. Ce fut un cri, un geste d'éclair, une explosion d'amour. Ce fut, dans le cadre tragique de l'hôtel fumant, parmi les ruines, dans la vaste et funèbre rumeur de mort qui emplissait Paris, ce fut, dans cette minute épique, l'enlacement suprême de deux âmes qui, depuis des temps, allaient l'une vers l'autre!...
Loïse, dégageant ses mains, alla au vieux routier, lui mit ses bras autour du cou et, comme le maréchal avait dit: «Mon fils» au chevalier, elle dit:
—Mon père!...
La rude moustache du routier trembla.