—Non, mon père.

—Tu dis: non? Qui t'y retient maintenant?

—Le maréchal compte sur nous pour l'escorter jusqu'à Montmorency. Nous l'escorterons, mon père. Et, une fois qu'il sera en parfaite sûreté dans son castel, alors nous irons nous faire tuer dans quelque jolie entreprise.

—De par tous les diables! pourquoi M. le maréchal n'appelle-t-il pas M. le comte de Margency pour l'escorter?

—Sans doute, nous trouverons le comte en route, dit le chevalier toujours souriant. Mais, lors même qu'il serait ici, je ne lui céderais pas le droit que j'ai conquis de mettre Loïse en sûreté. C'est à moi qu'elle fit appel, à moi seul. Je n'oublierai jamais cette minute. J'étais à mon observatoire de la Devinière... Tiens, à propos, il me faudra y passer pour régler une vieille dette. Avez-vous de l'argent, mon père?

—Trois mille livres. C'est le dernier présent que m'a fait M. de Damville, un peu malgré lui, d'ailleurs. Tu disais donc que tu voulais payer maître Landry?

—Et dame Huguette.

—Tu dois à tous les deux?

—Oui, Seulement, c'est de l'argent que je dois à Landry. Et c'est de la reconnaissance que je dois à Huguette. Je paierai l'un avec des écus, et l'autre... ma foi, ce sera plus difficile. Un écu n'est qu'un écu. Une parole sortie du coeur vaut un trésor. Je chercherai... je trouverai.

—Mais mon père, il faut nous occuper de quitter Paris dès ce soir. L'escorte du maréchal, s'il survient quelque obstacle, ne pourra que se battre, et ceci est insuffisant. Nous avons besoin de force et nous avons besoin de ruse. Damville est un rude jouteur, sans compter que nous avons à nos trousses une foule de roquets de moindre importance.