Et, avant de disparaître, il se retourne sur sa selle et vocifère:

Au revoir! Bientôt ton tour!»

Ces paroles se perdent au vent. Elles n'arrivent pas jusqu'à Pardaillan.

Alors, la sueur de l'angoisse au front, les dents claquant de terreur, Pardaillan se retourne vers le groupe de Loïse et Montmorency; il n'ose faire un pas; il râle:

—Morte! Morte peut-être!

—Ce n'est rien! rugit de loin Montmorency, dans une clameur de joie folle. Ce n'est rien, chevalier!... ce n'est qu'une piqûre au sein!

Au même instant, le chevalier voit Loïse se relever et lui sourire.

Le chevalier, à pas tremblants, vacillant de la secousse qu'il vient d'éprouver, s'approche vers Loïse qui lui tend les deux mains. Près de la gorge, il voit la blessure: une légère éraflure... Sans aucun doute, le mouvement violent de Loïse a fait dévier l'arme de l'assassin...

Le chevalier, laissant Loïse aux soins du maréchal, se retourna vers son père. Et, à ce moment, il oublia qu'il existât une Loïse au monde; les effroyables dangers qui l'avaient harcelé comme une nuée de fantômes, son amour même, il oublia tout, il fut comme submergé par une douleur qu'il ne connaissait pas. Que se passait-il?...

Le sire de Pardaillan se mourait!...