Dans une allée lointaine, il vit passer un couple qui marchait lentement parmi les fleurs, parmi les parfums du soir, dans l'auguste sérénité de ce beau crépuscule.

Pardaillan et Loïse s'arrêtèrent enlacés; ils échangèrent un long baiser, et leur amour paraissait infini, suave, parfumé comme la radieuse et sereine nature qui les enveloppait de ses caresses.

Les yeux du maréchal s'emplirent de larmes, il laissa tomber sa tête dans ses deux mains, et murmura:

«O mes enfants, aimez-vous, soyez heureux! Comme Loïse est fiévreuse depuis quelques jours!... comme ses yeux brillent d'un éclat funeste!... Est-ce que je n'ai pas assez payé ma dette au malheur? Est-ce que je vais souffrir encore?... Oh! non!... non!... Enfants, chers enfants, pour tant d'infortune et de tristesse, soyez heureux!...

Il releva la tête... regarda au loin la vision adorable des deux amoureux qui s'étaient remis en marche, lents, onduleux, enlacés... Dans l'ombre ils semblèrent ne former qu'un seul être... Puis ils disparurent au détour d'un massif de roses.

Alors, un sourire consolateur erra sur les lèvres de François de Montmorency.

Il se leva pour les voir encore, et il murmura le mot qui résume tout le doute et toute l'espérance des hommes:

«Qui sait?... Peut-être!...»

TABLE

I.—Où une minute de joie fait plus que dix-sept années de misère.