—Va.

—Je vais à la Devinière, puisque tu as des scrupules en ce qui regarde maître Landry, reprit le routier.

—Je vous accompagne, mon père.

—Non pas, mort diable! Le chien me suffira en cas d'attaque. Il pourra aussi me servir de courrier. Mais toi, ne bouge pas d'ici.»

Le chevalier fit un geste d'acquiescement, et Pardaillan père s'éloigna, suivi du chien, heureux d'entreprendre seul la besogne d'exploration qu'il avait méditée. Car, sous prétexte d'aller à la Devinière payer les dettes de son fils, le routier voulait surtout s'assurer que l'hôtel n'était pas surveillé, qu'ils n'avaient pas été suivis, enfin, que le chevalier était en sûreté parfaite.

«Une fois à Montmorency, songeait-il, je le déciderai à me suivre, et du diable si je n'arrive pas à lui faire oublier toutes les Loïse du monde. A son âge, j'eusse enlevé la petite, voilà tout. D'ailleurs, qui sait si ma ruse ne va pas arranger les choses? C'est un tour de vieille guerre. Allons, Pipeau, saute sur ton maître!»

Pardaillan tendit son bras et le chien sauta, avec un aboi sonore.

A quelle ruse? A quel tour faisait-il allusion?

Pour le moment, suivons le vieux routier dans son exploration. Il parcourut les rues avoisinantes et ayant constaté que tout paraissait parfaitement tranquille, n'ayant rien vu de suspect, descendit jusqu'au bac pour traverser la Seine.

Alors, il gagna la rue Saint-Denis et parvint à la Devinière en se promettant bien de pousser jusqu'au cabaret de Catho par la même occasion.