A chaque coup qui lui était porté, il parait s'il pouvait, ou reculait d'un bond.

La bataille était silencieuse, cette fois. Les trois étaient résolus à tuer le père en attendant le fils, et ils gardaient toutes leurs forces, tout leur sang-froid, jouant serré, cherchant le coup mortel.

Pardaillan reculait donc. Malheureusement, ses trois adversaires étaient placés en bataille entre lui et la porte de la rue. Il était donc repoussé peu à peu vers le fond de la salle, où la porte se trouvait ouverte. Il la franchit et se trouva alors dans cette salle où, au début de ce récit, nous avons montré le banquet des poètes de la Pléiade.

Cette salle franchie, il pénétra dans la suivante et parvint enfin dans la dernière pièce.

—Cette fois, nous le tenons, dit Maurevert, les dents serrées.

«Allons, pensa Pardaillan, le chevalier et moi, nous ne mourrons pas ensemble!»

A ce moment, il vit une porte s'ouvrir, et, sans hésitation, se précipita dans le réduit obscur qu'il entrevoyait: c'était un sombre cabinet où se trouvait l'entrée de la cave, d'une part, et, de l'autre, l'entrée du long corridor qui aboutissait à la rue.

Les trois assaillants voulurent se jeter a la suite de Pardaillan dans ce réduit. Mais la porte se ferma à leur nez.

Ce n'était pas le vieux routier qui avait fermé la porte: c'était Huguette!...

Quand elle avait vu la tournure que prenait la bagarre, elle avait rapidement fait le tour par la rue et le corridor et avait ouvert, puis refermé à clef la porte du réduit.