En même temps, ses yeux bleus, limpides comme l'azur du ciel, se fixèrent sur les yeux du chevalier de Pardaillan.

Il chancela.

Il oublia que le maréchal la destinait à ce comte de Margency, à cet inconnu qui allait la lui prendre, et, extasié, bouleversé par un étonnement infini, murmura:

«Je rêve.»

Lentement, elle baissa les yeux; une pâleur de lis s'étendit sur son visage, et elle dit:

—Si vous mourez, je meurs, puisque je vous aime...

Ils étaient tout près l'un de l'autre. Et pourtant, ils ne se touchaient pas. Le jeune homme éprouvait cette sensation très nette que l'ange s'évanouirait si seulement il lui prenait les mains.

Alors, avec cet accent de simplicité qui est la plus souveraine expression du pathétique, il murmura:

—Loïse, je vis puisque vous m'aimez... Être aimé de vous, cela me semblait une hérésie... Que votre regard se fût abaissé sur moi, c'était une folie... et pourtant, cela est. Loïse, je ne sais si je suis heureux ou malheureux, je ne sais si le ciel s'ouvre devant moi... Mais, la plénitude de la vie, Loïse, vous me l'avez versée...

—Je vous aime...