Vers six heures, le vieux Pardaillan regagna l'hôtel de Montmorency. Il retrouva son fils armé en guerre, en conciliabule avec le maréchal de Montmorency. Dans la cour de l'hôtel attendait un de ces lourds carrosses qu'on pouvait entièrement fermer, au moyen de mantelets.
Le vieux routier examina curieusement le chevalier qui parut calme et froid, comme à son habitude.
«Allons, songea-t-il, il ne s'est rien passé. Heureusement que j'apporte les bonnes paroles de cette chère Huguette!»
Et, tirant son fils à part, il lui annonça qu'une vingtaine de truands se trouvaient aux abords de l'hôtel, prêts à escorter le maréchal, sans même qu'il s'en doutât.
Le signal du départ fut alors donné par le maréchal. On devait, pour dépister les curieux ou les sbires, sortir par la porte Saint-Antoine, puis faire un crochet à gauche, pour rejoindre la route de Montmorency.
Loïse et sa mère prirent place dans le carrosse, qui fut soigneusement fermé.
Le maréchal se plaça à la portière de droite; le chevalier à celle de gauche; le vieux Pardaillan prit la tête; derrière, venaient douze cavaliers de la maison du maréchal.
Ces sortes d'escorte, traversant Paris dans un appareil formidable, n'étaient alors nullement rares; nul ne fit donc attention à celle-ci, et la voiture arriva vers sept heures à la porte Saint-Antoine.
—On ne passe pas! dit à ce moment une voix...
Et l'officier qui commandait le poste s'avança.