Il se privait ainsi d'un aide précieux.
Mais il y gagnait une certaine tranquillité en ce qui concernait ses prisonnières.
Damville s'était jeté dans la conspiration de Guise uniquement en haine de son frère: pour acquérir Damville, Guise avait promis la mort de Montmorency. François mort, assassiné par quelque bon procès, Henri devenait le chef de la maison, l'unique héritier, un seigneur presque aussi puissant et peut-être plus riche que le roi; on lui donnait l'épée de connétable qu'avait illustrée son père; il était presque le deuxième personnage du royaume!
Voilà les pensées qui, lentement, s'étaient agglomérées dans la conscience du rude maréchal, et dont la pensée initiale avait été le désir effréné de se débarrasser de son frère.
Or, cette haine elle-même avait pris sa source dans l'amour d'Henri pour Jeanne de Piennes.
Repoussé à Margency par la fiancée de son frère, il s'était atrocement vengé.
Les choses en étaient là lorsqu'il rencontra Jeanne et s'aperçut ou crut s'apercevoir que sa passion mal éteinte se réveillait plus ardente que jadis.
La conspiration qui devait faire Guise roi de France conduisait Damville à la puissance; du même coup, son frère disparaissait; Jeanne de Piennes n'avait plus de raison de demeurer fidèle à François; et cette puissance acquise conduisait Henri à la conquête de Jeanne.
On s'explique maintenant que Damville s'empressât de se saisir de Jeanne et de sa fille pour que François ne pût jamais les rencontrer; on s'explique aussi sa modération relative vis-à-vis de ses prisonnières.
Il voulait un beau jour apparaître à Jeanne et lui dire: