—Et de quoi est-il capitaine général?

—Des troupes catholiques, sire!

—Or ça, madame, perdons-nous le sens?... Où donc sont ces troupes catholiques? Et qui les a instituées?...

—Charles, ces troupes, c'est tout le royaume! Ce sont les seigneurs qui ne veulent pas que l'hérétique soit traité sur le même pied que le loyal serviteur! Ce sont les bourgeois que vous pouvez voir d'ici, la pertuisane au poing! C'est tout votre peuple, enfin, qui s'arme pour sauver la vieille religion qui, elle, a sauvé le monde... Et c'est cela qui fait une armée, sire!

Charles IX referma violemment la fenêtre et se mit à arpenter la salle d'un pas agité.

—Que faire? Que faire? balbutiait-il.

—Eh! par Notre-Dame, votre devoir de roi, de fils aîné de l'Eglise!

—Quoi! Une trahison contre ce pauvre Coligny qui pleure de joie quand je l'appelle mon père! Contre ce pauvre Henri qui est si rayonnant et qui m'assure de toute son amitié... Faites tout ce que vous voudrez! Je ne veux pas m'en mêler.»

Tout Charles IX était dans ce mot.

Catherine réprima le tressaillement de joie qui l'agita. Elle marcha rapidement vers son fils, fixa son regard aigu sur ses yeux troubles et, d'une voix sourde, elle murmura: