—Moi, fit Maurevert.
—Vous!...
—Pourquoi pas? Que le roi m'en signe l'ordre, et, dès ce soir, en pleine fête, j'arrête Coligny.
—Quel scandale!... Non, non, c'est impossible!... Ah! je suis une reine bien malheureuse!... Ah! si le Ciel pouvait donc une fois exaucer ma prière! Une bonne fièvre quartaine nous délivrerait de Coligny, et il n'y aurait pas de scandale... vous comprenez... Hélas! nous en serons réduits à subir la loi des hérétiques et à entendre la messe en français! car, d'espérer que le Ciel enverra à l'amiral la fièvre qui nous sauverait tous, et qui vous enrichirait, mon bon monsieur de Maurevert, d'espérer cela, il n'y faut pas songer...
La reine s'arrêta sur ce mot. Maurevert sourit. Mais il voulait des ordres positifs. Il avait d'ailleurs compris depuis longtemps.
—Un accident! fit-il.
—Eh oui! dit la reine. Une tuile ne peut-elle pas tomber sur la tête de l'amiral?
—Hum! Il faudrait que cette tuile fût douée d'un dévouement...
—Qui coûterait cher, n'est-ce pas?... Parlez sans crainte, mon cher monsieur de Maurevert. Que faudrait-il pour donner de l'intelligence et du dévouement à cette tuile?
—Je l'ignore, madame. Mais, à défaut de cette tuile, je connais quelque part une bonne arquebuse...