«Oh! dit-il, c'est une nuit de travail pour Giboulée!... Bon! ajouta-t-il en enfonçant sa rapière, ce ne sont que deux truands!..
—La bourse ou la vie! crièrent les bandits.
En même temps, ils levèrent leurs dagues. Mais, avant que leurs bras se fussent abattus, tous deux poussèrent un hurlement de douleur. Simplement, Pardaillan avait détendu ses deux poings... Le poing droit écrasa le nez de Croasse. Le poing gauche enfla subitement l'oeil de Picouic.
—A genoux, truands! dit le chevalier, et demandez pardon au chevalier de Pardaillan...
Les deux hommes, malgré la douleur et l'effarement de cette réception à laquelle ils étaient loin de s'attendre, s'apprêtaient à porter quelque traître coup au chevalier; mais à ce nom ils s'arrêtèrent stupéfaits... Croasse jeta son poignard... Picouic rengaina le sien...
—Ah ça! gronda le chevalier; à genoux, vous dis-je!...
En même temps, il les saisit l'un et l'autre par le cou, et les deux fronts, irrésistiblement rapprochés, se cognèrent avec un bruit de bois que l'on frappe. Les deux malandrins tombèrent à genoux.
—Grâce, monsieur le chevalier, gémit l'un... je vous dirai tout!... Sachez seulement que je suis Picouic!...
—Et moi, monseigneur, dit l'autre, plutôt que de toucher à l'un de vos cheveux, j'aimerais mieux jeûner un mois de suite: Croasse a la reconnaissance du ventre!
—Croasse! Picouic? dit Pardaillan; où ai-je entendu ces deux noms... Ça! levez-vous, mes drôles!... Où vous ai-je vus?