Pardaillan entendit et cria:
—Nous sommes trois, monseigneur!... Et c'est bien assez, savoir: le duc d'Angoulême, qui attend avec impatience la rencontre que vous lui avez promise; le sieur Picouic, baladin de son métier, et, enfin, votre serviteur, chevalier de Pardaillan.
Et il referma tranquillement la fenêtre.
—Oui, au revoir! gronda Guise, pâle de fureur.
Et il donna ses ordres. Avec les forces dont il disposait, il forma un large cercle de surveillance autour de la butte; chaque homme avait pour mission de surveiller, et non de se battre; il devait surtout prévenir le cas où on tenterait de faire sortir du moulin tout bagage qui ressemblerait à des sacs de blé. Puis, il expédia un sergent à Paris.
Deux heures plus tard, ce sergent revenait, annonçant que les ordres du duc allaient s'exécuter, c'est-à-dire qu'une troupe de mille arquebusiers allait arriver.
Pendant ces deux heures, Pardaillan et ses deux compagnons s'étaient fortement barricadés. Maurevert frémissait de joie: il tenait enfin l'ennemi tant redouté et disait au duc:
—Monseigneur, vous m'avez promis deux cent mille livres sur le butin que vous allez faire? Je veux vous proposer un échange: gardez les deux cent mille livres et donnez-moi l'homme qui vient de vous parler avec tant d'insolence.
—Je te comprends, Maurevert, dit Guise, tu hais cet homme. Mais, moi aussi, je le hais. Et nous avons un vieux compte à régler. Cela date de l'hôtel Coligny... Seulement, si tu veux te contenter de cent mille livres, ce qui est encore un joli denier, tu auras permission d'assister à l'entretien que j'aurai avec le Pardaillan, dès que nous l'aurons pris dans son terrier.
—Peste, monseigneur, c'est cher, ce sera donc bien beau?