Toute la petite troupe se dirigea vers une porte basse, accompagnée des deux porte-clefs. On descendit un escalier tournant qui s'enfonçait dans le sol comme une vis qui eût déchiré les entrailles de la terre.
Les geôliers s'arrêtèrent devant une porte dont ils tirèrent les verrous. Fausta entra seule, après avoir pris le flambeau des mains de Bussi-Leclerc. Le cachot était étroit. Ses voûtes surbaissées semblaient peser d'un poids énorme sur les épaules. Dans un angle, accroupie sur le sol, une jeune fille aux traits amaigris, toute jeune, se leva lorsque la porte s'ouvrit. Son front était calme. Ses yeux brillaient d'un feu surhumain. Cette jeune fille, c'était Jeanne Fourcaud.
—Vient-on me chercher pour le supplice! dit-elle. Je suis prête.
—Jeanne Fourcaud, dit Fausta, vous ne serez pas suppliciée. Vous vivrez. Vous serez libre.
—Le roi me fait donc grâce de la vie? haleta la pauvre créature.
—De la vie et de la liberté. Vous êtes libre. Venez!...
Jeanne allait s'élancer, soudain elle s'arrêta, plus pâle. Une pensée terrible venait de lui traverser l'esprit.
—Et Madeleine! râla-t-elle, ma soeur!.. libre avec elle... oui!... sans Madeleine... J'aime mieux mourir!...
—Votre soeur, Madeleine, est sauvée comme vous. Elle est déjà dehors et vous attend. Venez...
Jeanne Fourcaud s'abattit sur ses genoux, saisit les mains de Fausta et les couvrit de baisers. Une violente réaction se faisait en elle. La Fausta, d'un geste d'impatience, la releva, l'entraîna presque défaillante de bonheur. Dans le couloir, elle remit Jeanne Fourcaud aux mains d'un geôlier et dit: