—Elle s'appelle désormais, Jeanne Fourcaud... Vous devez, demain matin, livrer les Fourcaudes à la justice du peuple. Vous les livrerez!...

Lorsque Bussi-Leclerc et Fausta furent remontés à la surface de la terre, Jeanne Fourcaud fut placée dans la litière, presque évanouie. Belgodère s'approcha de Fausta.

—Tu veux savoir ce qu'est devenue la fille de Claude? demanda-t-elle.

—Rien ne vous échappe, madame, dit le bohémien courbé. Violetta, vous le savez, c'est mon espoir. Voilà huit ans que Violetta m'appartient. Je la gardais jalousement pour... ce que vous savez. Enfin bref, au lieu de la vendre à Mgr le duc, il se trouve que c'est à vous que je l'ai vendue... Je sens, je devine que l'heure est venue où je pourrai parler à Claude...

—Mais sais-tu seulement où il est?

—Non, mais je le retrouverai, n'ayez crainte.

—Voyons, reprit alors Fausta pensive, tu m'as toujours promis de me raconter ton histoire: le moment est venu. Voici ce que tu vas faire; tu vas reconduire la litière à l'abbaye; mes hommes t'escorteront, puis te ramèneront à mon palais. Tu mettras la nouvelle prisonnière en lieu sûr. Et, quand tu m'auras dit pourquoi tu hais Violetta, je te dirai, moi, ce qu'elle va devenir.

—Monsieur le gouverneur, dit tout haut Fausta en se tournant vers Bussi-Leclerc, à quelle heure aura lieu le spectacle que vous avez promis aux Parisiens?...

—Mais à la pointe du jour, je pense.

—C'est trop tôt. Je veux en être. Il me semble que, dix heures du matin, ce sera une heure convenable.