FAUSTA attendait le bohémien dans cette pièce où nous avons déjà introduit nos lecteurs et où ses deux suivantes favorites, Myrthis et Léa, s'occupaient à lui préparer une boisson réconfortante. En entrant, et tout en s'inclinant, Belgodère loucha fortement vers ces préparatifs.

—Qu'on apporte du vin, dit Fausta en surprenant ce regard.

Elle fut obéie immédiatement.

L'oeil de Belgodère pétilla. Il se versa une rasade et l'avala d'un trait.

—Eh bien, reprit Fausta en trempant elle-même ses lèvres dans le verre de cristal que lui présentait Myrthis, tu disais donc que tu avais une intéressante histoire à me raconter?

—Heu!... C'est l'histoire de beaucoup d'entre nous autres, pauvres bohémiens chassés, traqués, pendus. Cent fois, vous avez dû entendre la pareille sans vous en émouvoir.

—Raconte donc, dit Fausta. Si une injustice a été commise à ton égard, peut-être puis-je la réparer...

—Trop tard! dit sourdement Belgodère.

—Si tu as gardé une haine contre ceux qui t'ont fait du mal, tu sais que je puis t'aider.

—Oui, dit alors Belgodère. Vous pouvez compléter ma vengeance. Vous êtes forte et puissante. Par vous, Claude peut souffrir plus qu'il n'eût souffert par moi seul...