Guise se tourna, hagard, vers Fausta, et incapable de prononcer un mot, d'un geste fou, lui montra Violetta.
—Je sais, dit Fausta avec une effrayante douceur. Elle est condamnée. Il faut qu'elle meure...
—Non, non! haleta Guise.
—Sauvez-la donc, si vous pouvez!... Insensé! Ne comprenez-vous pas que l'amour de ce peuple pour vous va se changer en haine! que, si vous lui arrachez une Fourcaude, vous n'êtes plus le fils de David, le pilier de l'Eglise! que vous devenez le champion de l'hérésie! qu'on ne vous portera pas au Louvre, mais à la Seine!...
Guise retomba sur son fauteuil!... Il ne jeta pas l'ordre sauveur!... Il retomba, pour sa royauté, pour sa vie!... Il baissa la tête et murmura seulement:
—Oh! c'est affreux! Je ne veux pas voir...
Et il ferma les yeux.
A cette seconde, des vivats, des applaudissements frénétiques éclatèrent dans la foule; une bande, impatiente sans doute de brûler la deuxième Fourcaude, venait de se ruer sur les gardes qui entraînaient Violetta... Fausta jeta un cri d'effroyable détresse...
A la tête de cette bande, elle venait de reconnaître un homme qui fonçait tête basse, entrait comme un coin dans la multitude, parvenait jusqu'à Violetta et la saisissait. Et cet homme, c'était Pardaillan!...
Le chevalier de Pardaillan et le fils de Charles IX s'étaient élancés de l'auberge de la Devinière, suivis de Picouic.