—De faim et de soif!.. Oui!...
Claude voulait mourir, mais non de cette épouvantable mort. Il jeta autour de lui un regard de feu.
—Cette fenêtre! gronda-t-il.
En un clin d'oeil, il eut placé un escabeau sur la table, approché la table du fond de la pièce et atteint la fenêtre qui surplombait la Seine. Un souffle d'humidité venu de la rivière fouetta son visage. La fenêtre était défendue par des barreaux monstrueux... mais Claude sourit!... il se sentait assez fort pour arracher les barres de fer. Il redescendit, saisit Farnèse par le bras et haleta:
—Nous ne mourrons pas ici... nous fuirons par cette fenêtre avant deux heures.
Farnèse eut un imperceptible haussement d'épaules.
—Nous ne fuirons pas, nous mourrons ici..., murmura-t-il.
A ce moment, et, comme pour confirmer cette certitude qu'exprimait le cardinal d'une voix morne, un volet se rabattit violemment de l'extérieur et mura la fenêtre... C'était un volet de fer de trois pouces d'épaisseur, et il eût fallu un mois de travail à Claude pour l'arracher, après avoir descellé les barreaux.
Alors, les cheveux hérissés, en proie au vertige de l'épouvante, il recula jusque dans un angle de ce tombeau, s'y accula, et, farouche, haletant de la soif qui le brûlait, il se mit à calculer combien d'heures il avait à vivre!...