La lettre n'était ni signée ni scellée. Mais Fausta reconnut l'écriture de Guise.

—Faites entrer ce gentilhomme, dit-elle.

Les déductions de Fausta se trouvaient bouleversées: Pardaillan n'était pas rue des Barrés avec Violetta. Pardaillan était cerné rue Saint-Denis par les hommes de Guise.

A ce moment, Maurevert entra. Et comme il savait qu'il était envoyé à une princesse, il ne put retenir un geste d'étonnement en voyant un page au pourpoint armorié de l'écu de Lorraine, là où il s'attendait à voir une femme. Fausta, en effet, ne s'était pas encore dévêtue du costume de page qu'elle avait pris pour aller sur la Grève.

—Monsieur, dit-elle, vous m'êtes envoyé par le duc de Guise?

—Oui, madame, dit Maurevert en s'inclinant avec un sourire; car, dans son esprit, cette femme habillée en page ne pouvait qu'être l'une des nombreuses amies de Guise.

—Madame, continua-t-il, mon seigneur duc m'envoie pour vous confirmer la nouvelle incluse dans son message. A savoir que le sire de Pardaillan va être pris comme un renard au gîte. S'il vous convient d'assister à cette partie de plaisir, veuillez me suivre, madame, sans retard. Car j'ai un certain intérêt à être moi-même présent à l'opération.

Fausta, depuis l'entrée de Maurevert, employait toutes les ressources de son esprit à jauger l'homme, à son geste, à sa voix. Lorsque Maurevert eut achevé de parler, elle comprit qu'une haine dévorante poussait cet homme qui dès lors cessait d'être à ses yeux un banal messager.

—Monsieur de Maurevert, fit-elle tout à coup avec un de ces sourires qui faisaient frissonner, j'ai non moins de hâte que vous de me rendre auprès du duc de Guise...

—Partons donc...