Arès le départ de Claude, le duc d'Angoulême était demeuré quelques minutes pensif, sans pouvoir détacher son esprit de cette figure sombre qui lui inspirait un indéfinissable sentiment et surtout une curiosité frémissante pour le secret que Claude avait emporté.
Bientôt, la pensée de Charles prit un autre cours. L'amour, dans ce qu'il a de pur, de généreux et d'enthousiaste, l'amour vibrait dans son coeur et le faisait palpiter.
Quelques mois à peine le séparaient du bienheureux jour où Violetta lui était apparue... où l'amour était né dans son coeur sous le premier rayon de son regard.
Il se dirigea vers la chambre où était sa bien-aimée. Il entra. Violetta, à sa vue, se leva, fit deux pas rapides vers lui et lui tendit les mains en murmurant:
—Vous voici donc, mon cher seigneur... je vous attendais...
Elle était un peu pâle. Et, dans ses grands yeux fixés sur lui, elle laissait éclater son amour et sa joie.
Charles, ébloui, saisit une main de Violetta et la porta à ses lèvres, dans un geste plus courtois qu'ardent, mais qui lui permettait de cacher son trouble. Alors, dans une inspiration soudaine, il la conduisit au pied d'un grand portrait où souriait une femme aux traits empreints d'une douceur mélancolique et, simplement, il dit:
—Ma mère...
Violetta leva les yeux vivement vers le portrait, joignit les mains et dit:
—Comme elle est belle, mon cher seigneur! Comme elle doit être bonne!... Et comme elle a dû vous aimer...