—C'est bien à Monseigneur Charles de Valois, comte d'Auvergne et duc d'Angoulême que j'ai l'honneur de parler?

—Une femme! murmura Charles. Oui... monsieur, répondit-il en appuyant sur ce dernier mot.

—Monseigneur, reprit la Fausta, mon nom ne vous apprendrait rien. C'est le nom d'une pauvre femme trahie, trompée, bafouée, réduite au désespoir par l'homme qui règne en ce moment sur Paris...

—Le duc de Guise!

—Oui. Et c'est pour me venger de lui, du moins je l'espère, que j'ai pris ce costume qui m'a permis d'entrer dans Paris et de m'y mouvoir à l'aise. Ce que je vous en dis, c'est seulement pour m'excuser de demeurer simplement pour vous la messagère de vos amis.

—Oh! madame, il n'est pas besoin d'excuse. Je serais indigne du nom que je porte si, en vous demandant votre nom, je jetais une seule inquiétude dans votre esprit. Votre cause d'ailleurs m'est sympathique, puisque vous aussi vous êtes une victime de Guise.

—Ne parlons donc plus de cet homme, dit Fausta en prenant place dans le fauteuil que lui désignait Charles, et venons-en au message que j'ai accepté de vous transmettre.

La position de Fausta était périlleuse. Elle savait peu de choses. Et ce qu'elle ne savait pas, il fallait obliger Charles à le dire lui-même.

—Monseigneur, dit-elle, permettez-moi une question. Vos trois amis m'ont paru s'inquiéter fort d'un détail auquel en ma qualité de femme... qui a aimé et souffert... je me suis vivement intéressée. La jeune fille, qu'ils nommaient Violetta, est-elle encore ici, dans cet hôtel?

—Elle y est, dit Charles sans aucun soupçon.