—Ah! madame, s'écria Charles en saisissant une main de Fausta et en la portant à ses lèvres, tout à l'heure, je voulais respecter votre secret. Maintenant je vous supplie de me dire à qui je suis redevable d'un si grand service...
Fausta secoua la tête avec mélancolie.
—Ce que j'ai fait est vraiment peu de chose, dit-elle, et ne mérite pas votre gratitude... Pour revenir à l'objet de mon message, il fut convenu que les trois hommes se réfugieraient dans l'hôtel que je leur indiquais et qu'ils attendraient la nuit pour en sortir. Quant à moi, le chevalier de Pardaillan m'indiqua exactement la situation de votre hôtel et me dit de m'annoncer comme venant de la part du prince Farnèse, de maître Claude et de M. de Pardaillan. C'est ce que j'ai fait... Alors, nous sortîmes tous par une porte détournée. Je les conduisis à l'hôtel de mon ami où ils sont en sûreté et d'où ils ne sortiront que ce soir à onze heures. Voici exactement ce que me dit le chevalier de Pardaillan: «Pour Dieu! madame, suppliez le duc d'Angoulême de ne pas bouger avant cette nuit!...» Au moment où j'allais m'éloigner, le prince Farnèse me remercia, puis ajouta ces paroles que je vous transmets:
«Ce soir, à minuit, nous attendrons le duc et ma fille dans l'église Saint-Paul. Qu'il ne s'inquiète de rien! Tout sera prêt.»
—Dans l'église Saint-Paul! fit Charles enivré, je comprends... je comprends tout! Ce soir à minuit, en l'église Saint-Paul, avec Violetta... j'y serai!...
Fausta se leva et dit d'un accent pénétré:
—Il me reste, monseigneur, à vous souhaiter tout le bonheur que vous méritez, fit Fausta d'un air pénétré.
—Comment pourrai-je m'acquitter jamais envers vous! murmura Charles.
Fausta parut hésiter quelques instants, comme si elle eût éprouvé une violente émotion... Elle répondit soudain:
—En recommandant à la duchesse d'Angoulême de prier parfois pour mon mari... Agrippa, baron d'Aubigné...[1]