On vit Pardaillan, avec ses vêtements déchirés et sanglants, descendre le perron et s'avancer vers le duc de Guise. Alors on entendit sa voix ferme, un peu ironique et encore voilée de pitié:

—Monseigneur, je me rends!...

Guise demeura une minute comme stupide. Pardaillan, là tête levée, le regardait en face. Le duc jeta autour de lui des regards soupçonneux. Le silence devint Effrayant.

—N'ayez pas peur. Monseigneur, il n'y a pas d'embuscade, dit alors Pardaillan.

Et c'était si énorme, ce mot «N'ayez pas peur» dit par un homme seul, blessé, désarmé, à un homme entouré de cinq cents gardes, que Guise pâlit, comme si, pour la deuxième fois, cet homme l'eût souffleté. Il fit un geste.

Aussitôt, Pardaillan fut entouré de gens d'armes. Et ce fut alors seulement, lorsque le chevalier désarmé, blessé, seul, fut par surcroît enveloppé d'un quadruple rang de gardes, ce fut alors que Guise parla:

—Vous vous rendez, monsieur! Que me disait-on, que vous étiez invincible, un indomptable! Par ma foi, messieurs, je vous trouve ridicule avec vos archers: pour prendre monsieur, il suffisait d'envoyer un exempt...

Pardaillan se croisa les bras. Guise haussa les épaules.

—Allons, dit-il, j'étais venu pour voir un paladin... Gardes, conduisez-le à la Bastille... je suis fort marri de m'être dérangé pour ne voir qu'une figure de lâche.

Pardaillan se mit à sourire. Mais ce sourire était livide. Il étendit le bras: du doigt, il désigna le visage du duc. Et, d'une voix très calme, il dit: