—Guise! Guise! cria Charles, souviens-toi que tu as accepté mon défi!

—A mort! A mort! hurlait la foule.

—Vivants! Je les veux vivants! vociférait Guise.

Au moment où, d'un coup de pommeau, le chevalier abattait aux pieds de Guise le colonel des Suisses, il saisit Charles, son louveteau! à pleins bras et se mit à bondir vers Crillon, vers la troupe des gardes immobiles et pâles... Il tenait sa rapière par la lame, et se servait du pommeau comme d'une massue. Ce fut ainsi qu'il se fraya un passage jusqu'à la troupe de Crillon, parmi les gentilshommes de Guise rués sur lui.

Pardaillan se dressa sur la pointe des pieds et leva très haut, de son bras tendu, sa rapière vers le ciel. Et alors, d'une voix qui résonna comme du bronze, à l'instant où Crillon, éperdu, se voyait débordé, où les gardes allaient se débander, où Guise, déjà, poussait un rugissement de triomphe, Pardaillan tonna:

—Trompettes! sonnez la marche royale!...

Électrisés, soulevés par l'enthousiasme des grands chocs, les hommes d'armes hurlèrent dans un grand élan:

—Vive le roi!...

Et ils se mirent en marche, tandis que la fanfare royale éclatait et dominait l'épouvantable tumulte...

Et, en avant, l'épée haute, près de Charles qu'il entraînait, près de Crillon, stupéfait, qui l'admirait, le chevalier de Pardaillan marchait, fonçant dans la foule, entraînant les hommes d'armes, creusant un sillage à travers les masses des ligueurs et les infernales clameurs de mort... Maintenant, devant la troupe de Crillon, devant ces blessés qui s'avançaient d'un pas pesant et régulier, la hallebarde croisée, les multitudes de bourgeois s'ouvraient, fuyaient, les uns courant s'armer, les autres déchargeant leurs pistolets au hasard.