Je le jure! dit le Balafré avec un tel accent qu'il n'y avait plus moyen de douter de sa résolution.

Alors tous reprirent leurs places et se regardèrent, livides. Ce qui venait de se jurer là, c'était l'assassinat de Henri III de Valois, roi de France.

—Le tout est de savoir comment nous allons procéder à la chose, dit Mayenne.

—Je m'en charge, fit la duchesse de Montpensier avec un singulier sourire.

—L'opération proposée par notre illustre mère me paraît possible, s'écria Mayenne, je me hâte de le dire. Et même j'ajouterai que je n'en vois pas d'autre. Évidemment, il faut que Valois meure. Seulement, à ce jeu-là, qui ne tue pas à coup sûr est tué. C'est pourquoi je demande comment nous allons procéder.

—Je m'en charge, répéta la jolie duchesse d'un ton qui attira cette fois l'attention du Balafré.

—Autre chose, poursuivit Mayenne sans accorder d'attention à sa soeur. Je suppose l'opération terminée; Valois est tombé sous nos coups, Valois est mort, Valois est enterré. Que sommes-nous, nous autres, non seulement aux yeux du royaume, mais surtout aux yeux des rois voisins?... Des assassins! Je conclus que ce n'est pas un Guise qui doit frapper Valois. Qu'avez-vous à dire à cela, ma mère?

—Parle, Marie! dit la mère des Guise.

Et la jolie petite duchesse, la fée aux ciseaux d'or, agitant les boucles blondes de ses cheveux, souriante, d'un air mutin, laissa tomber ces mots de ses lèvres rosés:

—Tout ce que vient de dire le gros Mayenne est plein de gros bon sens...