—Bien! dit Fausta. Maintenant, duc, une question: savez-vous la peine infligée dans nos traités à tout catholique épousant une hérétique?...

—La peine de mort, répondit Guise en frissonnant.

Sombre, agité de pensées contradictoires, le Balafré était résolu à poursuivre Violetta. Et il comprenait que la papesse... la souveraine voulait lui arracher Violetta.

Alors, quoi?... Briser violemment avec la Fausta? Mais la Fausta était la source même de sa puissance. Par des fils invisibles, elle tenait la Ligue dans ses petites mains!

Renoncer à Violetta!... A cette pensée, il sentait la rage gronder en lui et sa tête se perdre en combinaisons inspirées par la folie. Fausta reprît:

—La peine de mort appliquée non seulement à celui qui épouse une hérétique, mais encore à celui qui, par le contact de l'hérétique, devient lui-même démoniaque. Est-ce vrai?

—Ces lois, dit Guise d'une voix rauque, vous savez bien, madame, que nous les avons faites pour maintenir le commun des ligueurs dans l'obéissance absolue. Vous savez que, nous qui pensons, nous qui sommes la tête, nous ne pouvons nous soumettre à de telles servitudes!...

—Duc, est-ce bien vous qui parlez ainsi! dit sourdement Fausta. Vous, le chef! Vous, le roi de demain! Vous avez juré, duc! Si votre serment n'est pas valable, dites-le! Si la parole d'un Guise ne vaut pas la parole du dernier de nos ligueurs, dites-le, qu'on le sache! Et on le saura!... Parlez, duc. Un seul mot, un seul: êtes-vous parjure?, ne l'êtes-vous pas?...

Guise trembla. En un instant, il vit Paris révolté contre lui.

—Par le Dieu vivant, gronda-t-il, nul ne pourra jamais dire qu'Henri de Lorraine a manqué à son devoir. Mais celle que j'aime n'est pas hérétique!...