—La fille de Léonore de Montaigues? balbutia le duc.
—Oui! Comprenez-vous, maintenant?... Je veillais sur vous, par bonheur! Je suis parvenue à conduire cette fille des races maudites jusqu'au pied du bûcher...
—Grâce pour elle!... Oh! ne la tuez pas!... Il ne faut pas qu'elle meure... car je mourrais aussi, moi!
—Vous me faites pitié, duc!... J'attendrai donc, pour ordonner son supplice, que nous ayons trouvé l'exorcisme suffisant et que vous soyez guéri...
—Mais pourquoi ce mariage? gronda le duc. Pourquoi Maurevert est-il devenu l'époux de Violetta? Ce qui est vrai pour moi ne l'est donc pas pour lui? Maurevert n'est-il pas souillé?... Ah! qu'il prenne garde!...
—Laissez votre poignard tranquille, dit Fausta. Il doit vous servir pour frapper les ennemis et non pas le plus dévoué de vos serviteurs... Maurevert a consenti à ce simulacre pour éloigner de vous la bohémienne hérétique... Mais Maurevert ne sera pas l'époux de Violetta...
—Que sera-t-il donc pour elle?
—Il sera son geôlier!...
Guise songeait. De tout ce que Fausta venait de lui dire, il ne retenait qu'un fait... mais ce fait le bouleversait et lui inspirait une sorte d'horreur.
Oui, c'était vrai! C'est lui qui avait fait subir à Montaigues l'effroyable supplice de l'aveuglement. Et c'était la descendante de cet homme qu'il aimait!..