Charles entendit ce rire. Ce fut ce rire qu'il reconnut!... Il bondit en arrière et considéra celui qu'il voulait tuer... Et alors, il le reconnut!...
Pardaillan lui colla sa main sur la bouche: Comtois et les arquebusiers passaient devant la porte!...
Pardaillan saisit Charles par les épaules, le releva et haleta:
—Silence!... Au nom de Violetta vivante, silence!...
Violetta vivante! Charles ébloui se laissa entraîner... En quelques instants, ils atteignirent le haut de l'escalier, et Pardaillan referma à triple tour la porte de la tour Nord!...
Au même moment, on entendit derrière cette porte la galopade affolée des gardes qui terrifiés, remontaient et se heurtaient du front aux ferrures intérieures!... Pardaillan s'appuya à la porte pour souffler un instant. Charles saisit ses mains, les couvrant de larmes brûlantes.
—O Pardaillan. sanglota le jeune duc, ô mon frère, pardon... je vous ai frappé, moi!... J'ai voulu vous tuer!...
—Bon! bon! fit Pardaillan. Maintenant que nous sommes à moitié libres, on respire déjà mieux, bien que ce ne soit pas encore l'air de la liberté...
Ils étaient dans cette cour étroite par laquelle on accédait à la tour du Nord. Au-delà de cette tour, il y en avait d'autres. Et là, ils rencontreraient des sentinelles. Pour toute arme, ils n'avaient à eux deux que la dague arrachée par le chevalier à Bussi-Leclerc...
Dans ce moment où Pardaillan cherchait à calculer la possibilité de ce miracle: sortir de la Bastille, il prêta pour la première fois attention au tapage que Comtois et les arquebusiers faisaient derrière la porte.