—Non! A moins que ce ne soit Satan en personne...

—Je vais vous dire: c'est moi qui ai enfermé M. le gouverneur; c'est moi qui vous ai enfermés...

—Qui, vous? hurla Comtois.

—Moi, Pardaillan, dit le chevalier paisible.

On entendit un hurlement de désespoir.

—Rassurez-vous, dit Pardaillan, la tour du Nord est bien loin des postes, et personne ne peut vous entendre. Je ferai alors prévenir le chef de poste que M. le gouverneur a dû partir subitement en voyage, escorté d'un geôlier et d'arquebusiers. Nul n'aurait l'idée de venir voir ce que vous devenez, puisqu'on vous croira en voyage. Je dis donc que je vais simplement vous laisser mourir dans cet escalier.

Lorsque Pardaillan eut compris, au diapason des gémissements, que la terreur des malheureux confinait à la folie, il frappa du poing pour signifier qu'on eût à l'écouter. Le silence se fit à l'instant même.

—Vous me faites pitié, dit alors le chevalier. Je veux bien vous laisser vivre, à une condition, la voici: vous rendez-vous à moi? J'ouvre. Sinon, je m'en vais.

—Nous nous rendons! crièrent d'une voix les quatre affolés.

—Je ne me rends pas, moi! vociféra le geôlier.