—Monseigneur! ah! monseigneur! frappez-moi! battez-moi! tuez-moi!... Je suis fou! Je suis un misérable!...
Et Bussi-Leclerc tomba à genoux, devant Guise stupéfait. Quant à Maurevert, il s'était reculé de trois pas, livide, secoué jusqu'au fond de l'être par une terrible intuition.
—Relevez-vous, Leclerc, dit le duc de Guise, et expliquez-vous, ou, par Notre-Dame, je croirai vraiment que vous êtes frappé de folie.
—Que ne suis-je fou! en effet, râla Bussi-Leclerc. Que ne suis-je mort! Tout vaudrait mieux pour moi que l'infortune qui m'accable!... Monseigneur... la Bastille...
—Eh bien?... la Bastille!...
—Pardaillan!... L'infernal Pardaillan s'est évadé...
On entendit une imprécation, un cri déchirant... Et on vit Maurevert qui s'abattait comme une masse...
Alors, une effroyable crise se déchaîna dans l'âme de Guise.
Bussi-Leclerc connaissait ces accès de fureur de son maître. Il se releva vivement, et, devant ce qu'il prévoyait, recouvra son sang-froid.
Guise le regarda un instant, d'un oeil hébété, cherchant peut-être ce qu'il allait faire. Et, alors, sa main se leva, avec cette lenteur de l'insulte préméditée. Bussi-Leclerc vit le geste. Livide, il saisit un poignard qui traînait sur la table, le tendit au duc et, d'une voix blanche: