—Ainsi, dit le moine avec une ardeur où on pouvait encore découvrir quelque hésitation, il est vraiment permis de tuer un roi?...

—Qui en doute, si ce roi est criminel!

—Et j'aurai l'absolution entière?

—Vous l'avez! dit gravement Fausta.

Et, levant la main droite dans un geste de bénédiction, elle prononça les paroles sacramentelles que Jacques Clément écouta avec une avidité stupéfaite.

Le moine s'inclina:

—Vos instructions? demanda-t-il. Car, seul et faible comme je suis, comment pourrais-je atteindre Valois?

—Après-demain, dit Fausta, partira de Paris la grande procession qui doit aller à Chartres porter au roi les doléances du peuple de Paris. Prenez place dans le cortège. Nul ne peut s'étonner de vous y voir. Modestement confondu dans la foule, priez en vous-même et songez que vous portez, en même temps que la parole de Dieu, la fortune de la nouvelle Eglise!

—Et une fois à Chartres? interrogea le moine.

—Vous me retrouverez là pour vous guider..., à moins que vous ne soyez guidé par l'ange lui-même...