—C'est cela, reprit Pardaillan. Ne parlons plus du signal. Mais vous pouvez continuer votre récit.

La Roussette, à qui la langue démangeait comme à une digne commère qu'elle était, reprit donc:

—Ce fut la Pâquette qui frappa. A peine eut-elle frappé que la porte s'ouvrît. Et nous reculâmes...

—Bah! c'était donc bien terrible?...

—Vous allez voir, reprit la Roussette en frissonnant. Dès que nous fûmes entrées, la porte se referma d'elle-même... la lumière qui inondait la pièce où nous étions s'éteignit. Je poussai un grand cri et tombai à genoux... Je fermai les yeux!...

—Moi aussi! ajouta Pâquette.

—Lorsque je les rouvris, continua la Roussette, je vis qu'un peu de clarté s'était faite dans la pièce, suffisante pour laisser voir deux cordes qui pendaient au plafond, et, au bout de chaque corde, un beau noeud coulant... Alors, je compris que nous allions être pendues, et je me mis à pleurer... Tout à coup, deux hommes apparurent, deux géants masqués de noir. Je ne sais ce que pensait Pâquette, mais moi je ne pensais même plus; l'horreur me paralysait; l'un des géants saisit le noeud coulant qui se balançait au-dessus de ma tête, il baissa ce noeud jusqu'à moi qui étais à genoux, et bientôt je sentis que la corde me serait le cou...

La Roussette, à ce mot, porta la main à son cou, par un geste machinal, et respira longuement. Pâquette murmura:

—Pendant ce temps, l'autre géant me serrait le cou à moi!...

—Et comment fûtes-vous sauvées?