Tout à coup, elle s'aperçut que Belgodère ne se dirigeait ni vers la place de Grève ni vers la rue de la Tissanderie où se trouvait l'auberge de l'Espérance.

—Où me conduisez-vous? balbutia-t-elle.

Le bohémien, sans rien dire, serra plus fort la main de Violetta et marcha plus vite. Il passa entre la double rangée des maisons d'un pont, et, le fleuve franchi, tourna à gauche.

A l'est, derrière Notre-Dame et le palais archiépiscopal, se dressaient côte à côte deux constructions pareilles à deux soeurs se tenant par la main... mais deux soeurs dont l'une était mignonne créature et l'autre un monstre de hideux.

Belgodère, tenant toujours Violetta par la main, marcha droit au formidable portail de la construction monstrueuse.

—Où sommes-nous? bégaya Violetta en jetant autour d'elle un regard éperdu.

Belgodère ne répondit pas. Il heurta le lourd marteau de bronze. La porte de fer s'ouvrit sans bruit. Violetta voulut se rejeter en arrière; le bohémien la harponna solidement: dans la seconde qui suivit, elle se vit dans un vaste vestibule dallé, aux hautes murailles nues, faiblement éclairé, où se tenaient deux hommes masqués, la dague nue à la ceinture.

—Voici la petite que moi, Belgodère, devais amener. C'est bien ici? fit le bohémien.

—C'est ici! dit l'un des deux gardes.

Au même instant, cet homme jeta sur la tête de Violetta un sac de toile noire qu'il serra au cou par un cordon. Sans un cri, sans un souffle, paralysée, Violetta se sentit soulevée, entraînée, emportée elle ne savait où!... L'autre géant masqué tendit à Belgodère une bourse bien gonflée: