—A la mort! dit Fausta d'une voix si calme et si glaciale que Maurevert fut secoué d'un frisson.
—Quelle heure devrai-je désigner?...
—Midi, répondit Fausta après un instant de réflexion. Vous pouvez leur faire serment, cette fois sans parjure, qu'ils verront Violetta...
A ces mots, Fausta se leva et, avant que Maurevert eût pu ajouter un mot, disparut. Les suivantes, Myrthis et Léa, entrèrent et lui firent signe de les suivre. Elles l'escortèrent jusqu'à la porte, et Maurevert se trouva dans la rue.
Maurevert regagna son logis, entra sans faire de bruit à l'écurie, sella son cheval et, laissant les portes ouvertes derrière lui, s'éloigna, traînant la bête par la bride. Vers huit heures du matin, il se retrouva dans la campagne, galopant éperdument pour se briser de fatigue, repris d'une crise d'allégresse effrayante comme celle de la veille...
Enfin, il revint sur Paris, et, comme l'heure du rendez-vous approchait, il se mit à trotter dans la direction de la Ville-l'Evêque. Il vit alors combien une embuscade eût été difficile, lorsqu'il aperçut Pardaillan et le duc d'Angoulême qui, étant sortis du bosquet, arrivaient sur le sentier.
Ce fut encore une minute de terrible angoisse pour Maurevert. Qui sait si Pardaillan ne s'était pas repenti de sa générosité!... Il marcha cependant et, étant arrivé près d'eux, mit pied à terre en disant:
—Messieurs, ma présence au rendez-vous que vous m'aviez assigné doit vous prouver que j'ai songé, à tenir ma parole.
Il s'arrêta un instant comme pour attendre un mot, un geste d'approbation. Mais Pardaillan demeurait dans la même immobilité.
—Messieurs, reprit Maurevert, en acceptant votre merci, je m'engageais ou à vous donner satisfaction, ou à revenir me mettre à votre disposition. Je dois vous déclarer que je n'ai pas réussi aussi complètement que je l'espérais. Et c'est pourquoi, si vous ne m'accordez un nouveau crédit, je serai votre prisonnier...