—Monsieur le chevalier, fit-il, y aurait-il de l'indiscrétion à vous demander pourquoi vous sauvez ce damné Leclerc qui vous veut autant de mal qu'à nous?...

—Aucune, monsieur, répondit Pardaillan. J'ai promis sa revanche à M. de Bussi-Leclerc. Or, comment aurais-je tenu ma promesse, si je l'avais laissé tuer ce soir?

Sainte-Maline regarda avec étonnement le chevalier qui souriait, salua et se hâta de rattraper ses compagnons.

Pardaillan s'était approché de la porte derrière laquelle se trouvait Bussi-Leclerc et avait frappé du poing:

—Monsieur! hé! monsieur de Bussi-Leclerc! cria-t-il.

—Que désirez-vous, sire de Pardaillan? demanda Leclerc, goguenard.

—Moi? Rien. Je veux simplement vous dire que, maintenant, je suis seul. Alors, s'il vous convient d'essayer de prendre cette revanche après laquelle vous courez depuis si longtemps, eh bien, je suis votre homme.

—Bon! je préfère attendre...

—Comme il vous plaira, monsieur, j'ai tant de chances d'être tué par d'autres qu'il ne vous en reste guère de me retrouver. Qui sait si j'arriverai seulement jusqu'à Chartres?

—Si vous mourez d'ici là, reprît Bussi-Leclerc haineux, soyez sûr que je le regretterai, car c'est ma plus douce espérance, maintenant, que de penser à l'heureux moment où je vous mettrai les tripes au vent!