—C'est vrai, murmura Fausta, pensive, la passion est plus forte chez vous que la foi. Farnèse, vous êtes donc résolu à partir pour l'Italie?...

—Dès que vous m'en donnerez l'ordre.

—Tenez-vous prêt à partir le 22 de ce présent octobre. Vous vous demandez pourquoi le vingt-deuxième jour de ce mois, n'est-ce pas, cardinal?

—Non, madame, dit le cardinal palpitant, mais vous m'avez fait tout à l'heure une promesse.

—Celle de vous rendre Léonore et son enfant... Je m'explique, Farnèse: je ne prétends pas vous rendre la pauvre folle que le bohémien Belgodère, un jour, rencontra, errante et sans gîte, et qu'il attacha à sa pitoyable destinée. Celle dont je parle, Farnèse, c'est Léonore de Montaigues, c'est la fiancée du prince Farnèse... Je connais le moyen de rappeler la raison dans cet esprit... y jeter le germe du pardon qu'elle vous accordera... Quant à ramener l'amour dans son coeur, ceci vous regarde!...

—Léonore... ô Léonore!... balbutia Farnèse, éperdu.

—Je vous rendrai Léonore, reprit Fausta avec une sorte de gravité, et, avec elle, je vous rendrai cette enfant qui est comme un trait d'union entre vous et celle que vous aimez. Donc, vous partez le vingt-deuxième d'octobre... mais vous ne partez pas seul... vous partez avec elles!... Et, si j'ai choisi ce jour-là pour votre départ, c'est que le vingt et un d'octobre sera rassemblé le saint concile qui vous relèvera de vos voeux, qui fera du cardinal un homme, et qui vous dira: voici ton épouse, voici ta fille!...

Farnèse tomba à genoux... Il saisit une main de Fausta et y appuya ses lèvres... Et il éclata en sanglots...

Fausta s'éloigna, laissant le cardinal ébloui, fasciné, éperdu de bonheur... Il la vit rejoindre sa litière qui bientôt disparut. Alors il poussa un profond soupir et remonta dans la pièce du premier étage. Un homme était là, debout, qui l'attendait. Cet homme, c'était maître Claude.

—Vous avez entendu? demanda Farnèse.