Saïzuma, brusquement, porta les mains à son visage. Un faible cri jaillit de ses lèvres.
—Mon masque! murmura-t-elle. Mon masque rouge comme la honte de mon front!... Je l'ai perdu!... Madame, vous ne savez pas... vous ne saurez jamais...
—Je sais! Je sais quelle est ta honte et quel est ton bonheur, Léonore!... Ton secret, ton cher secret que tu caches à ton père, mais que tu as dit à celui que tu aimes, je le sais!... Tu vas être mère, Léonore!...
Saïzuma laissa tomber ses mains. Une immense stupéfaction se lisait sur son visage bouleversé.
—Mère? demanda-t-elle. Vous avez dit cela?
—N'est-ce pas là ton secret?... N'est-il pas vrai que Jean le sait?... et qu'il va t'épouser...
—Oui, oui, haleta l'infortunée. Car il ne faut pas que mon père connaisse notre faute. Mon enfant, madame, mon pauvre chérubin, si vous saviez comme je l'aime... comme je lui parle... Il aura un nom dont il sera fier.
—Ton enfant... ta fille!... Oh! mais souviens-toi! fais un effort!... Mère! tu l'as été!... Souviens-toi, Léonore!... Souviens-toi: la place noire de monde, la foule, les cloches qui sonnent le glas, les prêtres qui te soutiennent...
—Le gibet... hurla Saïzuma en reculant, affolée, jusque dans un angle du pavillon...
Toute à son infernale besogne, toute à son projet, transformée en tourmenteuse sans pitié, Fausta courut à elle et la releva: